UN PEU D'HYGIENE
Les microbes résistants aux antibiotiques étaient
jusqu'ici le triste privilège de l'Hôpital. On signale de plus en plus
fréquemment l'apparition inquiétante de tels germes dans la population, surtout
chez les sportifs. Et ils sont encore plus virulents que ceux qui sévissent à
l'hôpital !.
Ceci démontre l'absolue nécessité d'observer des
procédures rigoureuses. Les Pisteurs, professionnels des secours et premiers
maillons de la chaîne des soins donnés aux blessés, n'y échappent pas. Les
recours en responsabilité n'ont pas encore fait leur apparition dans ce secteur
mais il convient de se doter des règles de bonnes pratiques écrites afin de s'y
préparer. L'auto protection plaide aussi dans ce sens.
Ces règles doivent concerner :
L'HYGIENE DES MAINS
L'USAGE DES GANTS
LE MATERIEL
LES PLAIES
LES DECHETS
Les mains visuellement souillées doivent être lavées au
savon simple, séchées et désinfectées avec un gel hydro alcoolique. Si elles
sont visuellement propres, l'alcool sera utilisé seul sur les faces dorsale et
palmaire et dans les espaces inter digitaux. Elles seront entretenues au minimum
avant chaque soin, avant la prise des gants mais aussi après les avoir
quittés.
Ce produit est en vente dans toutes les pharmacies et
certaines grandes surfaces. Seul l'alcool est nécessaire, à l'exclusion de tout
autre désinfectant. Le contenant sera un flacon en plastique souple (résistant
au froid) de 100 à 500 cc non réutilisable avec une pompe montée sur le
flacon.
Les gants doivent être mis au début de toute
intervention, et changés s'ils sont souillés ou s'ils entrent en contact avec un
milieu souillé (dont le sol) car leur rôle est de protéger à la fois le
secouriste ET le blessé.
Ils doivent être faciles d'accès (dans la poche en
général) à condition d'être contenus dans un sachet individuel étanche. Ils
doivent être «non poudrés». Ce type de gants n'existe actuellement qu'en latex
et sont stériles. Leur prix est devenu modeste et baissera encore car ils sont
de plus en plus utilisés. Pour le nettoyage préliminaire des souillures on peut
utiliser des gants habituels non stériles afin de diminuer les coûts. Dans tous
les cas ils doivent remonter suffisamment haut sur le poignet. Ils seront
conservés dans une boîte fermée.
Le matériel diffère selon qu'il est en contact ou non
avec la peau des blessés.
Dans le premier cas, traîneaux et barquettes, par
exemple, seront lavés abondamment au moins une fois par an en début de saison et
chaque fois qu'ils seront souillés.
Les matériels intermédiaires (matelas coquille, attelles,
etc.) seront décontaminés entre chaque intervention avec des lingettes
détergentes désinfectantes s'ils ne sont pas souillés. S'ils le sont, ils seront
abondamment lavés et séchés au préalable. Les couvertures seront lavées en
machine à 60 degrés.
Les matériels en contact avec la peau (dits A RISQUE)
subiront le même traitement où seront à usage unique. Les matériels complexes
(BAVU, masques en particulier) seront à usage unique car leur stérilisation
OBLIGATOIRE n'est pas possible par les secouristes. Le coût du BAVU impose donc
de dispenser l'oxygène en inhalation avec un masque à ballon visible. La
couverture de survie sera également à usage unique.
Tous les matériels à risque non à usage unique seront
entretenus par lavage et décontamination-désinfection par lingettes.
Ces lingettes sont vendues par les sociétés spécialisées
et sont d'un usage très pratique et efficace.
TOUT MATERIEL SOUILLE sera retiré et isolé tant qu'il
n'aura pas été décontaminé convenablement.
Les plaies doivent être lavées au savon simple, dilué
avec du sérum physiologique qui servira au rinçage et séchées avant d'être
désinfectées avec du Dakin stabilisé sur des compresses stériles de grande
taille. L'emballage le plus proche de la plaie sera fait de telles
compresses.
Les produits destinés aux plaies posent le problème du
gel. Le savon liquide doit être conditionné en doses plastiques uniques et
conservé à l'abri du froid (poche) avec le sérum physiologique et le Dakin en
doses de 60 à 100 ml.
Les déchets doivent être stockés dans des sacs poubelles
fermés par une sangle. Les objets coupant ou piquants seront recueillis dans une
boîte rigide inviolable. Le tout sera éliminé dans un circuit de traitement
spécialisé.
En conclusion, insistons sur le rôle des Pisteurs dans
les soins donnés aux blessés du ski. Ils sont le premier maillon de la chaîne
des soins. Elle passe par la chirurgie de l'os qui nécessite une hygiène
drastique à tous niveaux sous peine d'aboutir à des infections gravissimes et
très invalidantes. Les blessés que vous prenez en charge sont apparemment sains
et le milieu de la montagne est réputé exempt de microbes. Il n'en est
rien. Les conséquences d'une hygiène relative est encore plus grave en
montagne.
- MATERIEL PAS en CONTACT avec la PEAU :
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Nettoyage régulier |
- TOUTES MATIERES BIOLOGIQUES :
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Souillure |
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Nettoyage - Décontamination |
- MATERIEL en CONTACT avec la PEAU du blessé :
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DESINFECTION à CHAQUE USAGE ou USAGE UNIQUE |
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POUR les MAINS PAS pour les GANTS AVANT et APRES usage des GANTS |
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à USAGE UNIQUE, un SACHET par paire NON POUDRES |
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à USAGE UNIQUE |
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LAVEES RINCEES SECHEES DESINFECTEES EMBALLEES |
Docteurs Lucien Cadoz,(Président du C.L.I.N.* Hôpitaux de Tarentaise) & G. Manquat (Inféctiologue FéMéRIS *)
* CLIN : Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales
* FéMéRIS : Fédération Médicale inter hospitalière de gestion du Risque Infectieux lié aux Soins.
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