Association nationale des professionels de la sécurite des pistes
 



FROID ET PREVENTION

Le pisteur-secouriste, dans l'exercice de son activité, peut être exposé à des conditions météo difficiles : températures froides, vent et humidité.
Il est indispensable de bien connaître les mécanismes du froid de manière à prévenir, par un comportement et un équipement adaptés, les accidents qui pourraient survenir : hypothermie et gelures.
Quelques rappels :
L'homme est homéotherme, c'est à dire que son organisme est capable de maintenir sa température interne aux environs de 37°. Il s'agit de conserver un équilibre entre la chaleur produite (activités physiques, métabolisme de base) et la chaleur perdue dans le milieu environnant. Si tout le monde sait que pour se réchauffer il faut, soit accélérer l'allure, soit remettre une couche de vêtements, soit se mettre à l'abri du vent, il est important de bien comprendre comment l'organisme se refroidit.
 
Quatre grands principes sont admis : il s'agit de la conduction, la convection, la radiation et l'évaporation. La connaissance de ces quatre grands principes permet déjà d'entrevoir les mesures de prévention.
 
Conduction
C'est le contact direct avec un corps froid :
- pisteur qui a manipulé des objets en ferraille
- personne immobilisée dans la neige (blessé assis ou allongé)
- personne en contact avec de l'eau
 
Convection
C'est un mouvement d'air (le vent ou le propre déplacement du sujet) qui, suivant sa force, pénètre les vêtements et refroidit le corps humain, d'où l'importance d'un équipement adapté (coupe-vent).
 
Radiation
C'est le propre rayonnement du corps humain vers le milieu ambiant qui, s'il n'est pas compensé (soleil et rayonnements divers), va conduire au refroidissement. Heureusement, un bon équipement va limiter ce rayonnement (épaisseur et système des 3 couches de vêtements).
 
Evaporation
C'est le principe de refroidissement du corps humain en ambiance chaude. La sueur qui perle à la surface de la peau s'évapore, prélève des calories et donc refroidit cette surface. Il est vrai qu'il faut relativiser ce mécanisme en hiver; néanmoins un sujet qui exécute un travail trop important par rapport à l'isolation thermique des vêtements qu'il porte peut très vite transpirer et se refroidir d'autant plus rapidement par la suite.
Il est donc conseillé de se dévêtir lors d'activités physiques intenses, de porter des sous-vêtements respirants qui permettent une évacuation plus rapide de la sueur et de se revêtir, voir de se changer, lorsque cette activité est terminée.
Attention aussi aux personnes qui, en plein effort physique, sont soudainement immobilisées (blessé, fatigue ou causes externes).
 
Des phénomènes très importants à prendre en compte sont les conditions météo du moment : les températures basses bien sûr, mais aussi la force du vent et l'humidité ambiante. Ces deux facteurs multiplient la sensation de froid. Pour donner un exemple (tableau de Windchill), une température ambiante de -5° avec un vent de 32 km/h équivaut à une température de -21°. Cet exemple souligne l'importance d'un équipement adapté : veste coupe-vent respirante qui permet l'évaporation de la sueur mais interdit la pénétration du vent et de la pluie.
Les gelures se développent insidieusement, c'est là leur principal danger. Une perte progressive de sensibilité, un engourdissement et une pâleur de la zone atteinte sont des signaux d'alerte qu'il convient de surveiller particulièrement. Les extrémités (mains, pieds), mais aussi les zones découvertes (nez, joues, oreilles), sont sensibles aux gelures.
 
L'hypothermie ne survient généralement qu'à l'occasion d'expositions prolongées au froid avec un équipement inadapté, et peut être aggravée par des conditions météo difficiles (vent, humidité).
 
Quelques conseils préventifs
Porter des vêtements appropriés à l'activité et aux conditions extérieures.
Favoriser une bonne circulation du sang (vêtements ou chaussures pas trop serrés).
Eviter les contacts directs de la peau avec des objets métalliques froids ou la neige.
Surveiller particulièrement les extrémités, nez-oreilles-joues.

Avoir une alimentation et une hydratation adaptées à l'activité et aux conditions météo.
Eviter les boissons alcoolisées.
(Pour plus de précisons sur le sujet, se référer au document du docteur HERRY de l'ENSA : "Les accidents provoqués par le froid")


Par Jean-Pierre PONCET, maître pisteur, moniteur de fond et d'alpin en charge de la nivo météo à  Prémanon.






 
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