Association nationale des professionels de la sécurite des pistes
 



Pisteurs - secouristes : Règles alimentaires simples

L'objectif de ce chapitre est d'apporter des règles alimentaires très simples permettant d'éviter l'apparition de périodes de fatigue pendant la journée . Ces phases s'accompagnent d'une diminution de la vigilance et d'une plus grande sensibilité au froid et au stress en général . Elles sont favorables à l'arrivée d'accidents et jour après jour entraînent une usure importante de l'organisme.

Ces périodes de fatigue sont généralement dues à des problèmes de régulation de la glycémie et de l'hydratation pendant la journée . L'exercice physique, la perte de chaleur due au froid ,au vent, le stress, l'altitude augmentent de manière importante l'utilisation des sucres dans notre organisme ainsi que les pertes d'eau . Afin de gérer au mieux ce problème, il est nécessaire de réguler les apports glycémiques pendant la journée.

Notre organisme a besoin d'avoir un taux de glucose sanguin stable ( 0,8 g/l ) . En cas de baisse de ce taux, notre capacité de fonctionnement physique et cérébral est abaissée . La vigilance diminue . Lorsque cette baisse est lente et progressive 
( jusqu'à 0,6g/l ), il est possible de ne pas ressentir de troubles importants . Cependant notre capacité à réagir et s'adapter rapidement est amoindrie . Une situation à risque peut alors entraîner un accident.

Dans certains cas on peut par une mauvaise prise alimentaire de sucre provoquer des troubles importants pouvant aller jusqu'au malaise et en cas d'effort physique associé jusqu'à la perte de connaissance. Cette situation est maintenant classique et très connue des sportifs de haut niveau :

Lorsque vous avez un apport de sucre rapide et important ( boisson très sucrée par exemple ), le taux de glucose sanguin va s'élever très rapidement de 0,8g/l à 1,2g/l . Cette augmentation est mal supportée par l'organisme . Afin de maintenir constant le taux de glucose sanguin, de l'insuline va être libérée dans le sang par la voie pancréatique ( l'insuline facilite l'entrée du glucose dans les cellules, ce qui fait baisser le taux de glucose sanguin ) . Cette action a une amplitude très importante, et provoque une baisse du taux de glucose sanguin pouvant aller jusqu'à 5g/l .

Une sensation de malaise général est alors ressentie ce qui ne permet en aucun cas d'être efficace pour un travail . Il est même possible que le sujet perde connaissance s'il doit effectuer un effort physique à ce moment là .

Dans les 45 minutes qui précèdent un effort, un apport important de sucre rapide va entraîner un hypoglycémie réactionnelle .
Afin d'éviter ces désagréments, il faut que l'apport de sucre soit réparti d'une manière homogène pendant la journée et que son assimilation soit lente et progressive .
Le seul cas de figure dans lequel il est important d'assimiler rapidement le sucre est pendant l'effort physique ou juste après cet effort . En effet pendant l'effort l'action de l'insuline est moindre car le glucose circulant pénètre beaucoup plus rapidement dans le muscle qui en a besoin . Après l'exercice la demande de sucre au niveau du foie et des muscles est importante et l'on observe une entrée très rapide et donc une action faible de l'insuline .
Tous les repas doivent apporter des glucides lents :
Petit déjeuner, midi, collation, soir doivent apporter soit des céréales, du pain, des pâtes, du riz, de la semoule, des pommes de terre.
La part de ces aliments doit être de 55 à 60% de la ration alimentaire journalière lorsque l'on doit faire un travail physique en altitude et par temps froid .
Le problème de l'apport d'eau :
Des physiologistes ( Saltin et Costill 1988 ) ont montré la relation suivante :

- une perte d'eau de 2% du poids du corps entraîne une baisse de 10% de la capacité de performance
pour une perte de 5%, elle est diminuée de 30% .
- Cela met en évidence le fait que pour rester performant durant la journée, les pertes d'eau doivent être compensées. Cet apport d'eau doit être réparti régulièrement pendant la journée : à la fois pendant les repas et en dehors des repas ( et toutes les 15 à 20 minutes en cas d'exercice physique à raison de 150ml d'eau à chaque prise ) .

Dans la journée, il est nécessaire de boire environ 2l d'eau . Cette quantité peut être augmentée jusqu'à 3,5 litres en cas de travail ou d'entraînement physique en altitude .

Respecter ces règles simples concernant les apports glucidiques et hydriques permet de préserver son potentiel physique et mental, d'éviter les «coups de pompe» et sans doute de diminuer les risques d'accidents au cours de la journée .

Laurent Schmitt,
Professeur agrégé C.N.S.N., chargé du pôle haut niveau en ski nordique à Prémanon




 
 
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