Chambéry, le 31 mars 2010
Bonjour
à tous,
Cette
rencontre amicale va nous permettre de parler de la saison, de
prendre des nouvelles des uns et des autres, de parler du printemps
qui arrive et des projets d’été. Nous avons la chance
d’être accueillis dans une station historique où tout
a été mis en œuvre pour que cette rencontre soit une
réussite.
Bien
sûr, nos camarades disparus tragiquement cet hiver :
Laurence Corti et son compagnon Stéphane Lacour, lors d’un
PIDA à la Toussuire et le pisteur Renaud Jourdan de la Foux
d’Allos emporté par une avalanche, seront constamment
présents dans notre esprit durant cette réunion.
Nous
n’oublierons pas, non plus, les stations pyrénéennes
qui ont subi des dommages énormes suite à la tempête,
entraînant de grosses conséquences humaines et
économiques.
Les
échanges que nous pourrons avoir lors du challenge peuvent
s’avérer très positifs pour le futur :
savoir-faire, compréhension des problèmes, propositions
et recherches de solutions.....
Malgré tout cette réunion
sera aussi un rendez-vous où le plaisir de se retrouver et de
partager des moments sportifs et ludiques aura une grande place. Que
chacun y apporte son envie de participer dans la bonne humeur et en
sécurité afin que nul incident fâcheux ne vienne
gâcher la fête et le travail très important qu’ont
effectué tous ceux qui se sont investis pour la réussite
de cette 35ème rencontre internationale des professionnels de
la sécurité des pistes.
Il
y a un an avait été évoquée une mise à
jour administrative. Une concertation sur le fond et la forme du
brevet devait être mise en place par le ministère de
l’intérieur. L’ANPSP s’était évidemment
proposée pour participer à ce travail. A ma grande
surprise, notre Association n’a jamais été invitée
à donner son avis.
Il
apparaît que d’autres ont participé à la
rédaction du projet d’arrêté tel qu’il est
parvenu à de nombreuses personnes qui semblent le considérer
comme déjà définitif. Toutefois, j’espère
que le courrier du ministère et la confirmation du responsable
de la formation de ce même ministère nous affirmant que
rien ne serait signé avant que nous soyons d’accord, sera
effectif. Aussi, dès que l’ANPSP aura été
destinataire de ce document de travail, nous le ferons parvenir
immédiatement à tous les adhérents ayant donné
leur email, et, si cela est réglementaire, nous le mettrons
sur le site Internet pour que tous les pisteurs secouristes
adhérents ou non puissent en prendre connaissance et donner
leur avis.
Sur
le peu que j’en aie entendu il semblerait qu’aucun maître
pisteur n’ait participé à cette rédaction de
projet de décret et le résultat paraît plus que
problématique pour son application en l’état, aussi
bien pour les professionnels que pour les entreprises ou les communes
et, bien entendu, pour les organismes agréés.
Il
nous apparaît aussi que retirer le PSE1 et PSE2 de la formation
au diplôme en les réclamant en pré-requis, le
fragilise et le rendrait moins crédible. Notre diplôme
perdrait ainsi une certaine image de référence en vue
des futures équivalences européennes qui arriveront un
jour ou l’autre.
Tout
ceci n’étant qu’une question de mise en forme de la
rédaction, il devrait être envisageable de trouver un
consensus. A moins que des intérêts, que nous ignorons,
ne viennent bloquer la concertation. Mais, pour le moment, nous ne
pouvons qu’attendre afin de pouvoir analyser la totalité du
contenu, en imaginer les conséquences et proposer, avec la
participation de tous les professionnels de la sécurité
des pistes, les modifications qui nous sembleront constructives et
nécessaires. Beaucoup regrettent que les compétences de
l’équipe pédagogique de l’ANPSP n’aient jamais
été recherchées, bien qu’elles aient été
proposées à différentes occasions. Que ce soit
pour régulariser d’énormes problèmes constatés
qui portent une problématique juridique parfois importante ou
pour apporter son expertise sur les projets en cours.
Dans
l’incertitude totale des propositions en cours et des décisions
qui risquent d’être prises, il est nécessaire que nous
nous mettions en position d’être hyper réactifs, si
nous devons demander des modifications. C’est pourquoi il sera très
important de pouvoir se mobiliser rapidement pour intervenir
efficacement auprès des ministères. Aussi, bien que la
saison soit quasiment finie, essaie de rester attentif à ce
qui va se passer et, si cela est nécessaire, fais passer le
message à d’autres collègues. Plus nous serons
nombreux à agir, plus nous serons écoutés.
L’ANPSP
est associée avec Nordique France, les Maîtres chiens et
l’association RMC BFM « Aidez-nous à sauver des
vies » pour animer un stand. Cette année, une
attention particulière sera donnée au métier de
pisteur de fond et à l’aménagement des sites
Nordiques. Il est envisagé aussi la possibilité
d’essayer le tir au fusil du biathlon. On aimerait la visite d’une
ou d’un médaillé olympique pour nous parler de son
expérience aux jeux de Vancouver. Si tu es volontaire pour
animer le stand sur l’un des trois jours, n’hésite pas à
contacter le bureau. Si tu es maître-chien, le contact sera
François Martinal, qu’il n’est plus besoin de présenter
dans ce domaine. Pour les initiations au DAE ainsi que l’accueil et
l’animation, contacte le bureau. J'en profite pour remercier notre
secrétaire Frédérique pour tout le coeur qu'elle
met à gérer le secrétariat.
Pour
ceux qui ne pourront pas venir à Montgenèvre, une
exposition sera faite sur le challenge avec les résultats.
Il
est extrêmement important d’être rentré dans cet
organisme composé de trois commissions :
Commission
emploi :
Elle s’occupe de la réglementation et elle étudie la
mise en œuvre des décisions etc… les deux titulaires de
cette commission pour l’ANPSP sont : Bernard Porteneuve
(Maître pisteur et responsable de la formation à
Nordique France) et Cyrille André (Maître pisteur 2ème
degré).
Commission
scientifique :
Elle analyse les propositions concernant le secourisme et elle décide
des études à mener en vue, par exemple, de légaliser
de nouvelles techniques. Elle prépare et valide la rédaction
de tous les référentiels d’enseignement. Nous
connaîtrons sans doute le résultat des évolutions
nouvelles en fin d’année 2010. Dans ce cadre, nous avons
introduit un dossier important qui concerne la méthode dite
« PEPIN » de prise en charge des fractures du
fémur. Il est question que cette méthode, qui ne
concerne actuellement que certains d’entre nous dans le monde du
secourisme, soit introduite plus largement dans le futur dans tous
les référentiels si l’évaluation scientifique
de cette méthode le permet. La coordination de cette
importante action a été confiée à l’ANPSP
par la Commission. Nous sommes représentés à
cette commission par le Docteur Lucien Cadoz (chef de service à
l’hôpital de Bourg Saint-Maurice et membre du comité
directeur de l’ANPSP) et le Docteur François Foeckenier
(chef de service Réanimation à l’hôpital de
Briançon).
Commission
formation :
Elle décide de la pédagogie à employer pour
enseigner les résultats des travaux de la commission
scientifique. Le titulaire de cette commission est Robert Zampieri
(Maître pisteur et Instructeur de secourisme).
« Les
pionniers agissaient aux sentiments, désormais ce sont les
chiffres qui parlent, et nous sommes passés à l’ère
de la rationalisation et de la standardisation ». n°216
Montagne Leader page 43
Ces propos sont ceux de Monsieur
Jean-Charles Faraudo, ex président du SNTF lors de sa
passation de pouvoir au nouveau président du SNTF, Monsieur
Lestas. Ces propos n’ont rien de surprenant dans le milieu de
l’entreprise mais ils permettent à chacun de comprendre les
énormes difficultés de compréhension qui
existent entre notre association et certains de ces intervenants.
En effet,
les valeurs nécessaires à la dynamique d’une
association comme la notre comme de toutes celles qui sont dites
d’intérêt général, sont très
différentes, au niveau humain surtout, car tout est basé
sur un volontariat bénévole où il n’est
question ni de bénéfice monétaire, ni de gloire,
ni de pouvoir ni de carrière.
Aucune
entreprise ne fonctionne ainsi. Aucune entreprise ne PEUT fonctionner
si, du patron à l’ouvrier, il n’y a pas de salaire.
L’association, elle, le peut car dans l’association « ce
ne sont pas les chiffres qui parlent »,
mais les femmes et les hommes qui la composent.
« Ce
n’est ni la rationalisation ni la standardisation »
qui permettent d’avancer lorsque l’on n’attend ni prime ni
promotion. Ce sont des idées et des valeurs.
Dans
le cas de l’ANPSP, c’est la fidélité à des
valeurs mises en place par les pionniers il y a bientôt un demi
siècle, qui a cimenté la cohérence de
l’association. Ces pionniers « agissaient »
sans doute « aux
sentiments »
comme le dit Monsieur Faraudo. Mais grâce à cela, ils
ont été des visionnaires, des créateurs et des
entrepreneurs, et parce que leur vision était humaine et
professionnelle, ils ont pu fédérer autour d’eux, des
professionnels et des volontaires qui ont continué la route
jusqu’à ce jour. Après 40 ans de métier de
pisteur secouriste et 15 ans d'ANPSP, malgré les difficultés
de toutes sortes liées aux actions associatives et à
toutes sortes de galères, je trouve très positif qu’il
y ait encore autant de volontaires qui continuent de s’investir
dans l’association avec autant de force pour la continuité
de ces buts qui n'ont rien de financier. Messieurs les pionniers,
nous vous remercions d’avoir su donner une nouvelle dimension à
la montagne.
Aujourd’hui,
les membres de l’association ont choisi d’étendre leur
apport technique aux valeurs liées à la prévention
et au secourisme pour l’ensemble de la collectivité
montagnarde, en souhaitant devenir Association de Sécurité
Civile. Les actions de formation aux PSC1 pour des gardes forestiers
dans des parcs nationaux, des adolescents dans des centres de
vacances, pour le personnel de Mairie, les infirmières ou des
ouvriers en espace naturel, ainsi que des actions comme le
« sauvetage tour hiver » en partenariat avec
l’association « RMC BFM aidez-nous à sauver des
vies », ne sont que quelques exemples de cet engagement
citoyen. En retour, j’espère que les collectivités,
les Elus, et un jour je l’espère aussi, l’ensemble des
entreprises des remontées mécaniques, prendra
conscience de l’intérêt qu’il y a à
comprendre et à respecter les conditions d’existence d’une
telle association. La pérennisation pourra alors se mettre en
place de façon plus sereine.
En effet, une telle compréhension
aurait permis d’éviter toutes sortes de décisions
prises sans concertation. Décisions qui nous ont coûté
beaucoup de temps, d’énergie, d’argent et des milliers
d’heures de bénévolat supplémentaires qu’il
a été nécessaire d’effectuer pour ne pas
disparaître.
Mais
en revanche, j’ai aussi souvent entendu de la part de ces
organismes que les compétences de l’association n’étaient
nullement contestées et que chacun souhaitait qu’elle puisse
continuer. J’espère que l’année 2010 verra
disparaître ce paradoxe. Ceci dans l’intérêt
général.
En cette
période où beaucoup de chercheurs affirment la
nécessité de la biodiversité, cette lettre est
une forme de plaidoyer pour une espèce en voie de
disparition que sont les associations professionnelles
d’intérêt général dont le fonctionnement
est basé sur un volontariat bénévole.
J’espère
que beaucoup de professionnels comprendront l’intérêt
de se regrouper au sein de l’ANPSP. L’intérêt
général permet, dans notre cas, de défendre les
intérêts des professionnels et de leurs formations.
Cette formation qui se répercute de façon directe et
importante sur la sécurité des skieurs qui viennent
dans les stations de sport d’hiver et sur la qualité du
service qui leur est offert.
Alors, à
bientôt. Que ce soit au SAM et à l’assemblée
générale où, comme je l’espère pour
toi, au challenge pour que tu puisses partager ce moment de fête
offert par la station historique et moderne de Montgenèvre.
Le
Président, Cyrille
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