Association nationale des professionels de la sécurite des pistes
 



Expériences aux Etats Unis
  • Beaver Creek dans le Colorado/La Plagne - Odile Epardeau (revue de mars 2002)
Je vous écris des Etats-Unis où je suis en échange pisteur pour cette saison. La station s'appelle Beaver Creek et se trouve dans le Colorado, à une quinzaine de km de Vail (Vail et Méribel font l'échange depuis une quinzaine d'année). C'est la première année que la Plagne fait un échange avec cette station haut de gamme du Colorado, créée en 1980 et j'espère qu'il se poursuivra longtemps ! 

Il y a quarante pisteurs à temps plein et huit à mi-temps (dont sept femmes et le chef des pistes est une femme aussi...). Le travail est sensiblement le même qu'en France, hormis qu'ici il y a très peu de déclenchement d'avalanche (il n'y a pas de pistes ou des pentes au-dessus de la forêt) et que l'hélicoptère n'est jamais utilisé pour les secours. C'est donc en traîneau, et parfois dans des conditions épiques, qu'on évacue les blessés jusqu'au centre médical (cas classiques) ou à la route la plus proche (ambulance et hôpital pour les cas graves). Le domaine skiable est délimité par une double rangée de corde : "permanent closure" et c'est une infraction à la loi fédérale de passer sous ces cordes ; de ce fait, les contrevenants encourent une peine pénale.

Les pisteurs, ici, ne passent pas de diplôme national. Les candidats passent un test de ski en fin de saison puis ont un entretien avec la direction. Si leur candidature est retenue, ils deviennent "rooky" et ont une formation au sein de la station même. Cette formation interne dure pratiquement deux mois et couvre tous les aspects théoriques et pratiques du métier (ils ont toutefois passé auparavant l'équivalent de notre CFAPSE appelé Emergency Medical Technician). Lorsque les formateurs estiment que le rooky est apte à faire les secours et à descendre dans n'importe quel type de terrain, il est "certified". A Beaver Creek, les pisteurs travaillent cinq jours sur sept et tournent tous les jours sur les quatre différents secteurs. Ils sont également amenés à être au Central (dispatch) deux jours de suite : une fois à la radio, une fois au téléphone. Il n'existe pas de poste de secrétaire... Les secours sont gratuits ; ça évite beaucoup de paperasserie ! 

Une fois par semaine, ils deviennent "yellow jacket" (veste jaune, par opposition à la veste rouge avec la croix blanche qui est la tenue nationale des ski Patrollers). Le rôle des yellows jackets est plus d'informer et d'éduquer les gens, de surveiller les "slow zones" pour éviter les vitesses excessives et en cas extrême de poinçonner leur forfait (voire même de leur retirer) en cas de non respect des consignes, de récidive ou d'imprudence flagrante. Mais à Beaver Creek, on n'arrive jamais à ces extrêmes ! Le balisage est inexistant dans la mesure où les pistes sont tracées dans la forêt. Des panneaux signalent le nom de la piste au départ et aux intersections ; les jalons ne servent qu'à marquer les obstacles.

Dans toutes les tâches entreprises, les pisteurs sont très professionnels et très à l'écoute de la clientèle. Ici la phrase "le client est roi" prend tout son sens ; comme le faisait remarquer Catherine Valadaud dans son article sur l'Australie, c'est parfois de l'assistanat mais les vacanciers viennent à Beaver Creek pour la qualité du "guest service" plus que pour le ski lui-même. A 63 dollars la forfait journée, la station se doit d'avoir un accueil irréprochable !

Il y aurait encore tant de choses à dire sur l'amabilité de l'ensemble du personnel, l'accueil qui m'a été réservé au sein du service des pistes de Beaver Creek, le mode de vie des Américains, leur esprit toujours très positif et leur optimisme inébranlable, l'après-ski... tout ce qui fait de ce genre d'expérience une expérience unique !

Mais je m'arrêterai là, et je dirai comme Catherine, c'est vraiment une expérience à vivre. Tentez là, ça vaut le coup ! Avec quelques bases en anglais, tout de même, pour mieux profiter de tout ce qui se dit autour de vous et pouvoir prendre part plus rapidement à la vie locale. Comme ils disent ici "Take care and see you soon !"

Odile EPARDEAU






 
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