Association nationale des professionels de la sécurite des pistes
 



Expériences aux Etats Unis
  • Crested Butte dans le Colorado/ Courchevel - Philippe Bordes (revue de mars 2002)
Un hiver dans le Colorado...

Si je vous dis LES ROCHEUSES? cela vous inspire-t-il ? Je souhaiterais vous parler du Colorado, et plus particulièrement d'une station de ski, CRESTED BUTTE, découverte lors d'un programme d'échange France/USA, durant l'hiver 2000/2001.

Située à six heures de route, au Sud-Ouest de Denver, c'est une petite station, un peu isolée. Plus au Nord, se trouvent les stations, telles que Vail, Aspen, Breckenridge. D'accès direct et rapide, elles sont proches de Denver, la capitale du Colorado, et par la même beaucoup plus fréquentées que Crested Butte.

Pour les passionnés de ski, qui d'ailleurs ne s'y trompent pas, pour les amoureux de l'ambiance village de western, pour ceux qui recherchent une convivialité au sein d'une petite ville, dans un univers où la pratique du sport tient une place importante, c'est le lieu rêvé. Crested Butte se divise en deux partie : la station aux pieds des pistes et cette petite ville, trois kms plus bas avec comme seul voisin, le vaste espace que peut offrir les Rocheuses du Colorado.

Imaginez la rue principale, ressemblant aux décors de villes de western, avec de grandes façades en bois, des maisons de toutes les couleurs, rivalisant d'originalité et de chaleur. Cette ancienne ville minière est située à 2800 mètres d'altitude sur un très large plateau. Lors des sorties à ski de randonnée ou à ski de fond, voir des vaches qui pâturent dans de grands champs enneigés, n'est pas une hallucination due à l'altitude, mais une réalité malgré le climat froid et sec.

Lorsque Dame Nature nous apporte quelques cristaux, tant attendus, et cet hiver là il y en avait, le ski redevient la préoccupation majeure des habitants de cette communauté. Ainsi, la station débute pour les pisteurs secouristes, dits de ski-patrols.

au niveau des pistes, la réputation des pentes comme Third Bowl, Teocalli Bowl, Banana Funnel, Headwall, Spellbound/Phoenix... n'est plus à faire. Effectivement, ceux qui aiment les terrains pentus dans des forêts denses, entrecoupés de barres de rochers et agrémentés de petits couloirs y trouveront leur bonheur. Vous le devinez, ce domaine implique un travail intéressant, tant au niveau des secours qu'au niveau du déclenchement, et pourtant, il n'y a que 1000 mètres de dénivelée positive. Cette moitié du domaine fait partie d'une gestion libre, où il n'y a qu'un balisage sommaire mais le contrôle des avalanches et toutefois effectué. L'autre moitié, reste traditionnelle. De ce fait, cette gestion offre à chaque pratiquant le domaine qu'il recherche (ex. à savoir, en France, le Halfpipe).

Au sujet de la nivologie, s'il y avait un concours des plus gros "gobelets" (mais non pas ceux-là !!!) eh bien Crested Butte serait bien placée.

En ce qui concerne les formations des pisteurs, ils utilisent le défibrillateur, ceci fait partie du cursus classique, et certains d'entre eux peuvent passer la spécialisation paramédique. Ces compétences leur permettent beaucoup d'autonomie lors de secours délicats. Peut-être le fait qu'il n'y ait pas de secours héliporté, les a conduits dans cette direction ? J'ai également constaté une durée importante de formation avant l'hiver (de façon hebdomadaire), sur les thèmes suivants : médical, exercices d'avalanche, d'arva, de secours délicats, d'évacuation RM, d'utilisation du défibrillateur et d'analyse des retours secours. A méditer !

Dans le cadre de cet échange, j'ai beaucoup appris, même après 11 ans de pistes. J'ai découvert l'utilisation du "back board" (attelle métallique qui s'ouvre en deux parties pour immobiliser la colonne vertébrale), du traîneau avec des bras qui peuvent être fixes ou mobiles, et pas mal d'autres choses... En revanche, ils utilisent depuis peu le matelas coquille, les conseils que j'ai pu leur apporter ont été appréciés. Ces outils sont complémentaires. Ces différences de travail et de matériels nécessitent une bonne part de tolérance et de réflexion, et ce n'est jamais de trop dans notre métier.

Pour la part linguistique, mes débuts étaient folklo et les transmissions à la radio étaient difficiles. Heureusement, les collègues ont su m'aider au mieux, et ce durant l'hiver. l'entraide, l'échange, la coopération, enfin le travail d'équipe en somme, a confirmé leur attitude professionnelle. Même si la musique à fond dans les vestiaires, les muffins et le café lors des briefings et l'attitude décontractée des Américains invitent à un autre sentiment... (Culture différente).

Si vous aussi vous voulez vivre cela, un petit conseil, partez avec un minimum de bases linguistiques, afin que cette expérience soit la plus profitable possible.

Je souhaite que tous ceux qui ont envie de participer à un programme d'échange y arrivent, même si cela est parfois compliqué à mettre en place, voire impossible dans certaines stations.

Peut-être que nous devons, par nos récits et nos expériences au retour, témoigner à ceux qui en doutent encore, le bien fondé de ce programme qui est une chance dans notre profession.

Je tiens ainsi à remercier le service des pistes de Courchevel qui m'a permis de réaliser cet échange. Excellente saison à toutes et à tous avec de bonnes conditions.

Philippe BORDES


Acte de sécurité du ski de l'Etat du Colorado (USA)

Sous la loi de l'état du Colorado, toute personne utilisant les prestations d'un domaine skiable est considérée comme skieur.

L'état du Colorado a rectifié son Acte de Loi de Sécurité du Ski, de façon à introduire un paragraphe concernant les risques et dangers inhérents à ce sport.

La législation du Colorado a déclaré, et c'est pourquoi cette loi est mise en place, que nul ne peut poursuivre en justice un directeur de domaine skiable si ses blessures font suite aux risques et dangers de ce sport, qui effectivement est un sport risqué et dangereux.

ATTENTION : Sous la loi du Colorado, un skieur doit assumer toute blessure physique ou dommage matériel qui pourraient être le résultat d'un accident du fait des dangers et risques que ce sport implique : et par là même, ne doit pas se retourner contre le directeur du domaine skiable pour quelconque risque et danger incluant : les variations de condition de la météo et de l'enneigement, les passages déneigés, les pierres, les souches d'arbres, les arbres, les collisions avec d'autres skieurs ou avec des objets naturels ou non, les variations de terrain et les faiblesses et attitudes des skieurs qui skient à leur propre niveau.

Chaque skieur doit entièrement assumer sa responsabilité et juger si son niveau lui permet de skier sur telle ou telle piste, ou pente et prévoir ses propres limites.

Chaque skieur a le devoir de maintenir le contrôle de sa vitesse et de sa trajectoire à tout moment lorsqu'il skie et doit maintenir son champ de vision clair de manière à éviter tout autre skieur ou objet.

Cependant, la responsabilité majeure est celle de la personne qui descend, qui doit alors éviter toute collision avec les skieurs ou objets qui se trouveraient plus bas.

Aucun skieur impliqué dans une collision avec un autre skieur, ayant entraîné des blessures, ne doit quitter les lieux de la collision, sans laisser ses nom et adresse courante à un employé du domaine skiable.






 
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