Expériences au Québec
- Patrouilleur au Québec par Florian Pellet (article paru dans la revue de janvier 2001).
Pisteur secouriste diplômé depuis avril 2000, c'est
avec fierté et beaucoup d'enthousiasme que je vais désormais exercer ce métier
durant l'hiver prochain à l'Alpe d'Huez.
Encore débutant dans ce milieu, j'ai cependant déjà eu la
chance de pratiquer cette profession lors de l'hiver 97/98 au Québec (Canada).
Bien qu'il n'existe pas de diplôme officiel de pisteur dans ce pays, les
stations de ski (pour la plupart privées) se doivent d'assurer la sécurité et le
secours de leurs usagers.
C'est sur l'initiative de l'Association des Skieurs
Amateurs que fut créée en 1940 l'O.P.C.S. (l'Organisation de la Patrouille
Canadienne de Ski), chargée de la formation de patrouilleurs bénévoles ainsi que
de l'organisation d'un service de secouristes dans de nombreux massifs du
Canada.
L'OPCS, qui compte aujourd'hui plus de 6 000 membres,
bénéficie d'une expérience et d'un savoir-faire reconnus par de nombreuses
stations qui recrutent leurs secouristes parmi ses membres. C'est donc par
l'OPCS que je suis devenu patrouilleur au Québec.
L'organisation, qui recrute chaque année de nouveaux
membres, propose des cours à l'automne dans plusieurs villes au Québec et au
Canada. La formation qui dure 60 heures est validée par trois
tests :
- une épreuve de secourisme individuel suivie d'un exercice de réanimation massage cardiaque
- une épreuve de secours en équipe avec relevage
- un test écrit comportant des questions spécifiques aux secours sur pistes.
Le programme se divise en deux grands thèmes :
- premiers soins réanimation
- massage cardiaque et secours en équipe.
Dans son ensemble la formation correspond à notre AFPS
ainsi qu'à notre CFAPSE mais l'apprentissage des gestes est très
poussé.
Après la passation des tests, le secouriste est affecté à
une patrouille ; cette dernière se réunit avant l'ouverture de la station
pour s'entraîner sur le terrain et effectuer un test de ski : relevage,
conduite de traîneau, évacuation de remontées mécaniques sont alors au
programme. Tous les pisteurs secouristes, y compris les anciens, doivent passer
les examens chaque année.
Au Québec, les risques d'avalanches sont nuls et les
évacuations ne sont jamais héliportées, ce qui explique l'absence de cours de
type nivo-météo ainsi que d'une pratique avec hélico. Dans les états de l'ouest
canadien (Colombie britannique et Alberta) la formation est là enrichie d'un
cours spécial de sauvetage en avalanche et le niveau de ski exigé est plus
élevé.
Les patrouilleurs québécois que j'ai pu rencontrer par le
biais de l'OPCS, s'ils n'étaient pas tous des professionnels rémunérés et
diplômés, savaient compenser cette absence de reconnaissance du titre par une
pratique régulière d'exercice de secourisme et un sérieux sens civique que j'ai
trouvé remarquable.
Bien sûr, la passion ne suffit pas ; les stations de
grande envergure proposent par nécessité un service de sécurité des pistes
assuré par des professionnels engagés pour la saison.
L'OPCS s'est toujours fixée de développer un service de
qualité et d'améliorer sans cesse la prévention et la sécurité de l'activité de
loisirs qu'est le ski. De fait, plusieurs campagnes de prévention et
d'information ont été menées par l'OPCS en partenariat avec des
stations.
Campagnes portant sur :
- l'écriture et la diffusion d'un code de bonne conduite du skieur
- la formation d'équipe de patrouilleurs afin de mener à bien un programme d'informations
et de vérifications portant sur les fixations
- la prévention en direction des enfants et des juniors.
Ces initiatives révèlent l'engagement de l'organisation.
C'est cet état d'esprit responsable que véhiculent naturellement les membres de
patrouilles. Le financement de ces actions nécessite bien souvent l'aide de
commanditaires privés ; les patrouilleurs, qui apprécient autant le ski que
l'après ski, ont su convaincre les brasseurs canadiens tels que Labath et Molson
pour les aider dans leur démarche.
Cette expérience qui fut autant enrichissante que
formatrice s'est avérée conviviale et fort agréable.
Le Directeur de la station du Massif du sud qui recrute
chaque année deux pisteurs salariés pour les jours de semaine a eu la patience
de faire les démarches administratives pour m'obtenir un permis de travail.
Partageant une cabane avec mon collègue de service, nous étions sur les pistes
souvent épaulés de bénévoles. S'il est nécessaire de s'habituer au froid, la
taille des centres de ski du Québec est propice à une convivialité fraternelle
entre les personnes qui s'y investissent, et les patrouilleurs sont de très bons
vivants.
C'est avec plaisir et passion, accompagnés d'une
certaine nostalgie, que je renseignerai toutes les personnes souhaitant
davantage d'informations sur la fonction de patrouilleurs au Canada. Je vous
souhaite à tous une très bonne saison et beaucoup de plaisir dans l'exercice de
votre profession.
Florian Pellet
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