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Expériences en Nouvelle Zélande : New Zealand - Aotearoa, "l'île au long nuage blanc"
- Aotearoa, l'Ile au long nuage blanc - Sandrine Gioani (revue de mars 2004)
"Aotearoa" signifie Nouvelle Zélande en maori.
Merci à Serge Deléglise pour son article sur la Nouvelle-Zelande..je
rappellerai juste sur la NZ (en reprenant une partie de ce qu'il a pu
ecrire) :
Environ 245 000 km2 ( approximativement la moitié de la France), 1600
km du Nord au sud, à 19600km de la France et 24 h d'avion. Un climat
humide et tempéré. 3,8 millions d'habitants (les Kiwis !), environ 50
millions de moutons, ça fait presque 13 moutons par personne !!. La
capitale : Wellington, la ville la plus grande : Auckland. Les
langues officielles sont l'anglais et le maori. La monnaie, le dollar
néo-zélandais. On roule à gauche. Le décalage horaire entre la
Nouvelle-Zélande et la France est de 12 heures en été et de 10 heures en
hiver.
New Zealand est une des zones au monde où la tectonique des plaques est
la plus active (mon premier vrai tremblement de terre là-bas !!).
25 sommets de plus de 3000m, le plus haut sommet : Mount Cook,
3764m.
Une vingtaine de stations de ski essentiellement dans l'île du sud
(4 dans le nord), de 2 types :
les «ski fields», : les plus nombreuses, de petite taille
et d'en moyenne 3 remontées,
Certaines ont un télésiège et quelques canons. Les routes d'accès sont
en terre, de très mauvaise qualité. Il n'y a pas de logement sur site et
pour dormir, il faut redescendre dans la vallée. Pour certaines pas de
dameuses.
Les stations "modernes" : WAKA-PAPA et TUROA (île du nord), MT
HUTT, THE REMARKABLES et CORONET PEAK, TREBLE CONE et CARDRONA. Elles
s'apparentent aux stations européennes : canons à neige, dameuses à
treuil, remontées récentes, half pipe, compétitions FIS mais sont
différentes dans leur organisation : pas de logement sur site et la
compagnie possède l'ensemble de la station : les remontées, la cafétéria,
l'école de ski, les photographes, les magasins de ski (vous pouvez tout
louer : ski, snowboard, chaussures mais aussi veste, pantalon, gants,
bonnet). Beaucoup d'Australiens, de Japonais et d'Américains et très peu
d'Européens. Là aussi, les routes sont étonnamment de mauvaise
qualité.
Le ski de fond, se pratique dans une seule station dans le Sud.
L'héliski est très développé.
Et puis surtout des paysages merveilleux et des habitants
ABSOLUMENT EXTRAORDINAIRES !!
Début avril à Montgenèvre sur le stade, je rencontre un entraîneur
néo-zélandais. Je me motive alors pour postuler dans une station de New
Zealand pour le prochain hiver de l'hémisphère sud. A vrai dire sans trop
y croire vraiment. Grâce au web (www.snow.co.nz, www.ski.net.nz, .)et par email, je contacte
tous les responsables de stations (la plupart des stations ont un site
web). Pas mal de réponses négatives (trop tard, équipes déjà constituées,
ou barrière du visa de travail, difficile à obtenir pour les plus de 30
ans).oh ! miracle, 2 réponses positives : Mt Dobson et
Roundhill, 2 stations de l'île du Sud. Surprise, finalement je me décide
pour Mt Dobson (4 remontées alors que Roundhill, 1 seule !!).
Plusieurs e-mails avec mon futur employeur et le départ est prévu le 27
juin, arrivée le 29 (24h d'avion !), la station ouvre le 4
juillet.
Je pars sans visa de travail (d'après le boss on verra ça sur place),
sans engagement, sans savoir où je logerais, sans savoir grand chose sur
ce pays, mis à part, les All Blacks, le Rainbow Warrior et que les kiwis
(les néo-zélandais) sont très sportifs et sympas ! Après tout on
verra bien, je fais confiance à mon futur boss.
29 juin/ arrivée Christchurch.Mince, c'est quoi cette langue ??!!
c'est pas de l'anglais, c'est du kiwi !! ... pour reprendre
l'expression de Serge, "comprendre ce p.. d'accent kiwi n'est pas
évident" et je dirais même impossible (1 mois d'adaptation
mini), je commence à m'inquiéter pour le boulot, la langue va être un
problème..
J'appréhende la rencontre avec le boss et sa réaction quant à mon
anglais (nous n'avons échangé que des e-mails et mon anglais parlé est
meilleur !), après tout aucun engagement entre nous.. finalement il
ne s'étonnera pas et résoudra le problème de visa.
Mt Dobson (1700-2050m, 400ha de domaine skiable) est situé au centre de
l'île du sud.
Le village, Fairlie (900 habitants), où nous logeons est à 25kms.10kms
de route, 15 kms de route en terre.
Le staff :11 au total, 5 pour les remontées (1 Irlandais, 2
Anglais, 1 Néo Zélandaise, 1 Portugaise), 3 pisteurs (1 Néo-Zélandais, 1
Chilien, 1 Française), 2 pour la cafét (1 Ecossaise, 1 Kiwi), 1 pour la
location de ski.
La veille de l'ouverture, nous montons tous à la station pour visiter
les lieux et un entraînement évacuation de ligne.
Après ¾ d'h de route, nous atteignons Mount Dobson Ski Field et la
surprise, pas de neige, tout est pelé !!! il fait froid (-20°c).
Finalement on attaquera le 18 juillet au lieu du 4 juillet. Mauvais
début de saison, puis par la suite la neige tombera régulièrement ..le
vent, régulièrement très violent (+ de 130km/h), nous fera fermer
souvent.
Ouf !, ce décalage d'ouverture dans le temps me permet de
m'adapter à la langue, avant d'attaquer le boulot, et je pourrai par le
suite, participer moins difficilement aux communications radios.de toute
façon, avec les 2 autres pisteurs, nous avons établi un code de
communication, étant donné que le Chilien peine un peu aussi avec la
langue !!
Je rencontre, 3 jours après mon arrivée, John et Wendy, un couple
ABSOLUMENT EXTRAORDINAIRE , comme d'ailleurs tous les Kiwis, qui vont
m'accueillir gracieusement comme leur fille ou amie dans leur maison
pendant 5 mois. « mes parents adoptifs » de NZ.qui
représentent exactement les Kiwis : accueillants, relax, respirant la
joie de vivre, la simplicité, la convivialité.
Pour compenser et gagner un peu d'argent, (on ne va pas en NZ pour
l'argent !), je donnerai quelques cours de français au collège, et
travaillerai parfois au restau-takeway de mon hôte Wendy.
La station est gérée par le boss, Peter Foote, qui possède les
installations et loue à des fermiers certaines terres du domaine ou
permettant d'y accéder. Le reste appartient au DOC (Département of
Conservation, chargé de la conservation de l'héritage historique et
naturel de la Nouvelle-Zélande, ). Avec ses 2 fils, il gère absolument
tout : damage (2 machines), entretien des installations, remplacement
du personnel aux installations pendant les heures de pose, location de
ski, déneigement de la route d'accès, tout sauf le secours à personne et
l'école de ski.
La base de la station :
Un grand parking (100 voitures), 4 sortes de
bungalows : 1 pour la loc de ski, 1 pour la cafet (vente de sandwichs
et boissons), et vente de tickets, 2 tables de pique nique en bois ,
l'école de ski (mini-bungalow, 10 m2), le bureau du boss est une caravane
posée à côté, 1 autre mini-bungalow pour le club des sports du village,
des toilettes,..et voilà !!, 1 scooter.
L'école de ski : 7 moniteurs venant de tous pays (Italie,
Allemagne, NZealand, Canada, Afrique du Sud.)..
Les pistes et les
pisteurs (ski patroller) :
Pas de jalonnage (sauf pour certains
obstacles), ni balisage à Mt Dobson, quelques panneaux pour signaler les
limites du domaine, les ski patrollers sont là essentiellement pour le
secours à personne.
Le secours :
Le 1er cabinet médical est au
village, à 25kms, donc, si la gravité de la blessure le permet, nous
descendons le blessé dans la « ski patrol room » (poste de
secours), équipée d'un lit, petit matériel de soins, oxygène, entonox
(« gaz hilarant » ou « laughing gas », constitué de
50% de protoxyde d'azote ayant des propriétés analgésiques et de 50%
d'oxygène permettant d'éviter l'hypoxie), matériel d'immobilisation.Après
un bilan approfondi au poste (« obligatoire » car l'ambulance ne
doit pas monter pour « rien » !), nous appelons ou pas
l'ambulance (équivalent de notre VSAB) qui vient du village (3/4 d'h de
montée, idem descente). Le 1er hopital est à 85km, 1h30 de
route. Les blessés tels que : genou, épaule, bras, poignet,
redescendent par leur propre moyen si possible. Pour des blessures vitales
ou blessés non transportables : l'hélico situé à 150km environ à vol
d'oiseau.
Le secours est gratuit.
Le matériel :
Les « rigs » (ou
« tobogga »), sorte de traîneau (rustique !) avec un
système de chaîne à faire glisser sous le traîneau pour le freiner. Une
corde à l'arrière pour le 2ème pisteur éventuel. Pas de
coquille, mais des plans durs, l'oxygène, l'entonox, attelle à dépression
pour jambe, écharpes, colliers.utilisation du "back board" (attelle
métallique qui s'ouvre en deux parties pour immobiliser la colonne
vertébrale).
La neige et la météo :
La Nouvelle-Zélande : « the most
unpredictable weather forecast in the world » : le pays où la
météo est la plus imprévisible au monde !!! Le temps est fou .et
change très vite, et des nuages tellement mais tellement
magnifiques !. Tous les matins relevés de données nivo-météo et nous
rédigeons un bulletin d'info type à afficher pour les clients
(Températures, état de la neige de surface, structure du manteau neigeux,
évaluation de sa stabilité, vent, danger d'avalanche).
Le ski :
Vu le poids des bagages limité (un réel
problème) il a bien fallu faire un choix quant aux skis à emporter. Le
futur boss m'indique qu'il peut effectivement fournir skis et chaussures
et je me souviens de sa petite phrase « mais bon ce n'est pas le
meilleur du matos ! ».j'emporte quand même mes 2 paires de skis
(tout terrain et géant), j'aurai par la suite un léger regret pour les
skis de rando.effectivement, les skis et chaussures du boss : limite
skis en bois, certainement des skis de 1950 (oh j'exagère
sûrement !!), et bien, oui je l'ai fait, skier avec, pendant 3
semaines .j'avais un léger doute quand à mon aptitude à pouvoir skier avec
et puis finalement on finit par se réhabituer (quand on n'a pas le choix).
Une fois la neige vraiment présente, j'utiliserai les miens et même la
paire de géant (mes skis devaient faire ce voyage !), beaucoup
d'équipes nationales japonaises, coréennes, australiennes viendront
s'entraîner tous les jours.
Après la saison (fermeture le 12 octobre), je repousse mon départ
initialement prévu pour le 20 octobre, pour 15 jours plus tard, puis 1
mois plus tard et finalement je ne rentrerai que le 9 décembre, 5 jours
avant d'attaquer à Montgenèvre : je ne veux plus partir, je suis
tombée follement amoureuse de ce pays, des kiwis.de ces paysages, de ces
incroyables nuages, de la couleur bleue indescriptible des lacs, du rugby,
de tout !!! C'est bien la première fois, à l'étranger que je pense
que finalement oui, je pourrai aller vivre loin de la France, de ma
famille et amis et de mon petit village des hautes alpes. Il y a vraiment des milliers de choses à faire dans
ce pays. La NZ étant une nation très sportive, avide de sports extrêmes
.
Les kiwis adorent la France (malgré le nucléaire et l'épisode du
Rainbow Warrior), sa culture et son histoire, la cuisine française,
pensent que les français sont fous de manger des plats tels que les
cuisses de grenouille, ou les escargots.aiment bien taquiner à propos du
rugby (le fameux match en 1999 remporté par la France face aux All Blacks
reste quand même difficile à encaisser !!), depuis quelques années
commencent à produire des vins pas désagréables et à l'intégrer dans leur
mode de vie, et aiment bien répéter les rares mots de français qu'ils
connaissent dont notamment le fameux « voulez-vous coucher avec
moi ? »
Leur gentillesse, et intérêt pour les autres, les rendent si
attachants..
Je pourrais continuer des pages et des pages sur tout ce que j'y vécu,
rencontré, ressenti, mais je dois bien arrêter et trouver les mots est
difficile.pour comprendre, allez-y ! mais allez-y pour travailler,
pour vivre avec eux, et comprendre.comprendre le « New Zealand Way of Life
»
9 décembre/Arrivée à Paris : gros coup au moral ..non, non je ne
veux plus parler français, maintenant d'ailleurs j'ai du mal et je cherche
mes mots (si, si !).je voudrais dire 'hello, how are you
doing ?' sourire et parler à tous ces gens que je croise, comme en
NZ.mais bon c'est vrai c'est différent ici .heureusement j'y retourne
l'année prochaine (Wanaka, Cardrona ski area) et certains de mes nouveaux
amis viennent me voir cet hiver.
La Nouvelle-Zélande me manque vraiment
Sandrine Gioani
Pisteur Secouriste - Montgenèvre
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