Association nationale des professionels de la sécurite des pistes
 



Expériences en Australie
  • Le ski en Australie ? C'est possible ! par Catherine Valadaud (article paru dans la revue de janvier 2001)
KANGOUROU

L'Australie, pays du surf, des grands déserts rouges et des J.O. de Sydney, pas seulement. Il existe quelques stations de ski dans le sud du pays où le climat (on se rapproche de l'Antarctique) permet des chutes de neige.

On skie à Mt Buller de juin à octobre (situé à 1 900m d'altitude dans les Alpes Victoriennes). La station existe depuis les années 50, époque où les premiers ski clubs se sont installés et avec eux les premiers sauvetages sur pistes.

Il faut savoir que les obstacles sont nombreux, en effet les trois quarts des pistes se trouvent dans les eucalyptus (arbres à feuilles vertes persistantes). La station elle-même se situe sur le flanc Est, tout près du sommet, si bien que l'on doit descendre puis remonter avec l'un des 25 télésièges pour rejoindre le sommet et la station.

L'organisation des secours doit bien évidemment suivre la configuration peu habituelle et originale de ce domaine skiable. Les pistes qui sillonnent Mt Buller en son sommet, sont assez plates et douces. On peut donc accéder facilement avec l'un des 4 skidoos (équipés de remorques adaptées pour le transport des blessés). Toutes les autres pistes (400 à 500 m de dénivelée) sont beaucoup plus raides et à flanc de montagne. Elles nécessitent l'utilisation de la barquette (pour remonter le blessé à la station, on le fixe sur un siège pendant la montée).

Le centre médical, bien accessible, se situe le long de la piste très (fréquentée) qui rejoint la station. Pendant les week-end et les vacances scolaires, les touristes sont très nombreux (beaucoup sont inexpérimentés et finissent souvent dans les arbres au bord des pistes.). Record battu un samedi avec 54 blessés au centre médical. Il n'y a pourtant qu'une quinzaine de pisteurs professionnels à plein temps, mais chaque week-end une équipe d'environ 25 à 30 pisteurs bénévoles nous prêtaient main forte. Leurs qualifications sont équivalentes, ils bénéficient d'un forfait gratuit mais ne sont pas rémunérés. Ils font cela pour le plaisir. Sans leur présence, il serait impossible de faire face à l'affluence des blessés. Certains cas furent assez sérieux (fémur, colonne.) mais là-bas on a tendance à assister un peu trop certaines personnes qui pourraient se débrouiller seules, les ski patrols ressemblent parfois à un service d'aide sociale en skidoo.

Ici le client est roi. L'accueil sur les pistes est irréprochable : personnel des remontées mécaniques sympathique et serviable, service clientèle en scooter également (plus nombreux professeurs de ski de toutes nationalités, club des sports, snow park, terrain park, enneigement artificiel, organisation de la coupe du monde de saut à ski etc.).

Cet été fut une année exceptionnelle au niveau enneigement (ce qui n'a pas été le cas les saisons précédentes). Le domaine fut ouvert en totalité de la mi-juin à fin septembre. On m'avait averti sur la qualité médiocre du ski en Australie (par rapport à nos Alpes), je fus au contraire agréablement surprise.

Le ski reste certes une activité assez marginale en Australie mais il existe une atmosphère rencontrée nulle part ailleurs. Les conditions de neige sont extrêmement changeantes (la météo aussi) et en une journée on peut skier de la poudre, puis de la croûte et de la neige de printemps ! Le brouillard enveloppe souvent Mt Buller et l'humidité y règne presque en permanence. Cette impression de skier dans la jungle (forêt d'eucalyptus à perte de vue) constitue une expérience unique. Le terrain est très varié et sauvage. La forêt est peuplée de marsupiaux (wombats) et d'oiseaux aux cris étranges. On peut skier pratiquement partout et le hors piste parmi les eucalyptus réserve toujours des découvertes intéressantes (itinéraires oubliés, canyons perdus et quelques couloirs courts mais raides le long de l'arête sommitale du Mt Buller).

 L'ambiance parmi les skis patrols est décontractée (un peu à l'image des Américains). Ce qui n'empêche pas un niveau de compétence élevé et un savoir-faire adapté à leur station. On a affaire à une équipe soudée, passionnée et responsable (hiérarchie peu marquée). Une expérience que je recommande à tous avec un minimum d'anglais parlé.

Catherine Valadaud






 
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