ANPS : La genèse
Au printemps dernier, je reçois une invitation à participer au rassemblement de l'ANPS à
Valloire.
M'y rendant, j'ai vécu trois journées qui ont été pour moi un sacré coup de "jeune". Presque 40 ans
effacés par un coup de baguette magique.
Je me suis alors revu
dans une réunion de Courchevel, dans le début des années 60, entouré par les
hommes les plus rodés du métier des pistes ayant compris avant tout le monde
la nécessité de jeter les bases d'un métier à part entière. A cette époque
on savait bien amener les skieurs au sommets des pistes : téléphériques,
télécabines, télésièges et téléskis étaient déjà techniquement au
point.
Quant à la descente,
c'était autre chose car tant bien que mal les skieurs sont toujours
redescendus à la station avec plus ou moins de difficultés et d'assistance.
D'ailleurs, si la montée était payante, comment rétribuer les assistants à
la descente ? Ceci explique que ce sont au départ les remontées mécaniques
qui, malgré elles, spécialisèrent une partie de leur personnel dans
l'assistance aux blessés et aux égarés de la piste. Mais ces hommes de
Courchevel étaient en avance. Ils comprirent très vite qu'il ne suffit pas
d'être efficace après l'accident mais qui si on intervient avant par un bon
balisage et une bonne qualité de piste et surtout en établissant un contact
efficace et humain avec les skieurs, c'est encore mieux.
Le territoire des
montagnes françaises était alors parsemé de nombreuses stations mais sans
grand lien les unes aux autres avec des degrés d'évolution les plus
variés.
J'en pris conscience
ce jour-là à Courchevel comparant ma situation d'homme à tout faire dans la
naissance d'une petite station familiale du Queyras, participant aussi bien
au génie civil des 5 premières remontées mécaniques, qu'à la création de
l'école de ski, qu'à la transformation des granges à foin en gîte ou petite
pension mais encore, à la fabrication artisanale de civière sur ski et de
rouleaux de damage.
Oui à Courchevel, ces
hommes qui m'entouraient, possédaient déjà des Ratracks et avaient
localement mis sur pied un vrai service des pistes.
Si j'essaie
aujourd'hui de retracer ce que fut le contenu de cette réunion, voici ce
dont je puis me souvenir :
Il nous est apparu que
créer une structure générale capable de transmettre le savoir des uns à tous
ceux qui tâtonnaient encore dans leur station naissante, était
nécessaire.
Il fallait aussi
structurer la formation par la mise sur pied à l'Ecole Nationale de Chamonix
de stages à deux vitesses, l'un pour les pisteurs secouristes, l'autre pour
les chefs pisteurs et travailler à la reconnaissance d'une profession à part
entière qui intervenait à la création et au développement des stations de
sports d'hiver. En outre, si mes souvenirs ne m'abusent pas, préférer une
structure juridique d'association de la loi de 1901 à un syndicat national
qui aurait pu heurter nos employeurs pour la plupart
propriétaires-exploitants de remontées mécaniques. Peut-être aussi, cette
dérive probable aurait masqué la priorité que nous voulions donner à la
formation et à la philosophie d'un service public. Enfin, c'était également
une manière d'exister librement par rapport à d'autres structures par trop
militarisées (pompiers, CRS, secours de la gendarmerie).
Je ne sais si cette
forme associative a perduré après mon départ de la présidence où je crois
savoir qu'une orientation plus syndicale a pris le pas un temps sur le
caractère associatif.
Pourquoi moi, sorti
président de cette première réunion ? Ce fut sans doute plus par la
suroccupation d'alors des éléments présents à la réunion que pour mes
capacités propres à assumer cette responsabilité.
Un dernier mot pour
dire aujourd'hui près de 40 ans après quelle a été ma joie d'alors de
collaborer avec les amis de cette mise en place : les Blaffat, les Cattelin,
les Martzolf, les Allais, les Jouve, les Borel, les Girre. Que me pardonnent
ceux dont j'ai oublié les noms.
A ceux qui ont
aujourd'hui les rênes en mains et à leurs successeurs, j'adresse mon voeu le
plus affectueux afin qu'ils travaillent avec la même conviction et la même
fraternité que nous avons connues.
Bernard Gentil
Premier Président de l'ANPS depuis 1968
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