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Historique des pisteurs dans les Pyrénées
C'est grâce à l'action de l'A.N.P.S. et de ses moniteurs maîtres pisteurs que, dans les Pyrénées et
le Massif Central, les services des pistes purent être implantés dans les
années 1970 et début des années 1980.
En 1970, dans les
Pyrénées, le corps des pisteurs secouristes est squelettique. Quatre
pisteurs à la Mongie diplômés F.F.S. qui font les secours, quatre pisteurs à
Gourette, dont deux diplômés F.F.S., deux à Barèges sans diplôme. C'est la
Gendarmerie et les CRS qui font les secours. Les premières chenillettes
(Ratrac) commencent à faire leur apparition dans les stations, mais le
personnel qui s'en sert n'a aucune formation.
En avril 1972, en me
remettant le diplôme fédéral de chef pisteur, le directeur de l'E.N.S.A. et
le président de la commission de sécurité de la F.F.S. me demandent de
mettre en place les stages régionaux de pisteurs secouristes.
J'apprend l'existence
de l'A.N.P.S. et entre en contact avec Alain Girre président qui me fait
rencontrer Robert Blaffa. L'automne suivant, je viens encadrer le stage
régional de Savoie à Méribel.
Au printemps suivant
du 3 au 13 mai 1973, je réussi à monter un stage de 42 participants. J'ai
l'aide de la F.F.S., de la sécurité civile de Tarbes, des Maires de Bagnères
de Bigorre et de Campan, de la station de Méribel (Alain Girre) qui m'envoie
trois Instructeurs : Robert Eisele, Gilbert Hudry et Perillat. Le stage se
déroule à La Mongie. Le Docteur Lacoste F.F.S. prend en charge la partie
médicale.
De ce premier stage,
les meilleurs iront au stage national à l'E.N.S.A. pour la saison d'hiver
1974/1975 et seront, par la suite, les Instructeurs des futurs stages. Les
stagiaires venaient de Gourette, Artouste, Barèges, La Mongie, trois du
Collet d'Allevard, un de Méribel.
De 1973 à 1979, nous
formons 287 pisteurs dans la formule Brevet Fédéral de la F.F.S., toujours
avec l'aide de la Savoie et des Alpes du Sud (Denys Pinatel, CRET de
Briançon).
Depuis 1977, le
commissaire à l'aménagement des Pyrénées et le S.E.A.T.M. (Service d'Etudes
et d'Aménagement Touristique de la Montagne) s'intéressent au travail que
nous faisons pour la formation professionnelle).
Afin de se rapprocher
le plus du terrain, nous avons organisé des stages tout au long des 400 kms
de la chaîne des Pyrénées, La Mongie, Artouste, Saint Lary, Ax les Thermes,
Aragnouet, Piau Engaly, Gourette, Baqueira, Beret (Espagne), Formigal
(Espagne), Pas de la Case (Andorre). Le Massif Central fait appel à nous et
nous allons au Mont Dore en 1977. En 1980, le brevet fédéral de
pisteurs secouristes devient brevet d'Etat. Nous disposons dans les
Pyrénées, à ce moment là à l'encadrement, de trois maîtres pisteurs diplômés
d'Etat, huit troisième degré, deux deuxième degré; Parmi eux, cinq sont
moniteurs de secourisme. Des maîtres pisteurs du Massif Alpin viennent à
chaque stage et parmi eux, Cyrille André actuel président de
l'A.N.P.S.P.
Nous avons formé en
dix ans: 600 pisteurs secouristes 1er degré entre la France, l'Andorre
et l'Espagne, 64 artificiers avalanches avec le concours de l'ANENA (J.F.
Meffre), autant de nivo-météo, avec le concours du Centre d'Etude de la
Neige et de la Météorologie Nationale, 10 maîtres chiens dont un moniteur
maître chien (Gérard Caubet), avec le concours de la Sécurité Civile de
Haute Savoie (Bouteloup).
Nous manquions de
chauffeurs d'engins de damage, aussi, Jean-Louis Louyat spécialiste des
engins chenillés met en place deux stages de formation pour 25 stagiaires en
1978 et 1979.
L'effort de formation
a porté ses fruits, les gendarmes et les CRS quittent le secours en station
en 1980 pour se consacrer au secours en montagne. Il est possible de mettre
en place de véritables services de sécurité des pistes.
En 1983, les
financements mis en place par le Commissariat à l'aménagement des Pyrénées
(DATAR) s'épuisent. Le gouvernement d'alors ne s'intéresse plus à la
montagne, le financement des stages de formation ne peut plus compter que
sur le 1% de la masse salariale dû par les entreprises au titre de la
formation professionnelle quand celui-ci n'est pas employé par les
entreprises elles-mêmes pour leurs employés, sachant d'autant plus qu'il n'y
a pas de péréquation nationale, ce qui limite d'autant la somme disponible.
La Chambre de Commerce de Tarbes veut prendre en charge ces formations mais
elle épuise vite ses maigres ressources. Le GRETA des Hautes-Pyrénées prend
le relais sur ses fonds propres et les stagiaires doivent jusqu'à
aujourd'hui encore financer les cours des stages.
Pierre Daban
Maître pisteur, ancien vice-président et secrétaire général de l'ANPSP
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