Réflexion sur l'arrêté du 24 mai 2000
L'arrêté du 24 mai 2000 portant organisation de la formation continue en
matière de premiers secours impose dans son article 16, la mise en place de
la formation continue au plus tard pour le premier janvier
2003.
Cette formation
continue d'une durée minimale de 6 heures par an permettra de revoir la
totalité du contenu de la formation de base tous les cinq ans dans le
respect des normes définies dans les programmes officiels. Cette formation
continue sera assurée par les associations agréées sous le contrôle de la
Préfecture. Les organismes de formation sont autorisés à apporter des
compléments de formation pour adapter le savoir et les savoir-faire des
secouristes aux missions qui leurs sont généralement confiées. Les autorités
d'emploi se voient déléguées par l'Etat la responsabilité d'organiser la
formation continue de leurs personnels, de les évaluer et d'établir
annuellement, sous leur responsabilité, les listes d'aptitudes des équipiers
secouristes. L'évaluation portera sur la maîtrise des connaissances
techniques exigées pour l'exercice des fonctions correspondant à la
qualification considérée.
Chaque année sera
établi un bilan de formation continue par l'association agréée. La
validation ou la non validation des personne leur sera notifiée par
l'organisme formateur. Les personnes qui feront l'objet d'un bilan favorable
seront inscrites sous la responsabilité de l'autorité d'emploi sur une liste
annuelle d'aptitude à l'emploi considéré. La non validation entraîne une
incapacité temporaire à exercer les fonctions correspondant à la
qualification du diplôme, et impose une mise à niveau jusqu'à une nouvelle
évaluation favorable.
Voilà un bref aperçu
du contenu de cet arrêté qui modifie profondément la structure du recyclage.
les points positifs sont nombreux ; le fait que chaque début de saison sera
à présent ponctué d'une remise à niveau, est important pour notre métier
saisonnier.
Le nouveau texte
permet également d'apporter des compléments de formation pour adapter le
savoir-faire à nos missions. Ce que les pisteurs réclamaient depuis
longtemps.
On peut également
noter l'implication plus importante des autorités d'emploi qui deviennent
responsables de la formation de leurs personnels.
Concernant
l'organisation de la formation continue, les associations agréées sont
responsables de l'organisation, de la planification et de la mise en oeuvre
effective des séances de formation continue. Or, ceci pose un problème
majeur à la profession. En effet, dans nos montagnes, les organismes de
formation ne sont pas partout les mêmes et ne présentent pas tous les mêmes
objectifs. Ainsi l'ANPSP n'aura pas la même organisation que la Croix Rouge
ou les Sapeurs-Pompiers. Ainsi un pisteur qui changera de station ou de
région peut se retrouver deux ans de suite sur un même programme et un
module non revu à la fin des cinq ans. Cet état de fait peut être gênant
pour nombre d'entre nous. Le problème a été soulevé par l'ANPSP, l'année
passée, qui proposait une unification du plan quinquennal au niveau national
(voir Pistes Infos 2001).
La formation
continue dans les Pyrénées-Orientales
Fin novembre 2002,
nous voilà au pied du mur ; pour nous les pisteurs, il est temps de mettre
en place les premières sessions de formation continue. Un peu en avance sur
le calendrier officiel, qui rendait le début de la formation continue
obligatoire pour 2003, mais en accord avec l'exercice de notre profession
qui chevauche deux anées civiles. Après plusieurs réunions sur Chambéry avec
les moniteurs, les instructeurs et les médecins de l'association, un
programme a été établi en accord avec les textes officiels.
Sur le département des
Pyrénées-Orientales, l'ensemble des directeurs de services des pistes, a
choisi de faire confiance à l'ANPSP. Nous avions donc mis en place six
sessions de formation continue. Deux sessions se sont déroulées sur la
station de Font-Romeu, une sur la station des Angles une sur la station de
Formiguères et enfin deux sur le domaine de Porté-Puymorens. Au total une
soixantaine de pisteurs ont suivi ces différentes journées.
Pour les formateurs,
des questions se sont posées dès la première journée. Le planning mis en
place pour le déroulement de la journée est serré. La révision du tronc
commun (E2, E8, E9) ajouté au module E1 et à l'apprentissage des nouveaux
gestes de l'AFPS prennent du temps et la mise en place de cas concrets est
nécessaire au maintien des capacités opérationnelles des pisteurs
secouristes. Les journées ont donc été plus longues que prévues.
La formation continue
doit aussi permettre la mise en place d'enseignements adaptés aux missions
du pisteur. Force est de constater que le temps imparti suffit à peine à la
formation continue du CFAPSE. Les enseignements adaptés à l'exercice des
missions de secours du pisteur devraient donc faire l'objet d'un supplément
horaire pour être mis en place de manière effective.
Un des grands intérêts
de la formation continue est de mettre en contact à chaque début de saison,
les pisteurs avec le secourisme en équipe. Dans notre profession, beaucoup
d'entre nous ne pratiquent le secourisme que quelques mois par an. De la
sorte, des lacunes ou des oublis peuvent apparaître dans nos acquis. Il est
donc important d'avoir une "révision" à chaque début de saison. Mais le
temps imparti est insuffisant et certaines frustrations peuvent naître chez
les moniteurs comme chez les pisteurs.
Il conviendra donc,
après cette saison test, d'établir un large dialogue entre nous, pisteurs,
moniteurs, instructeurs et médecins de l'association, mais aussi avec les
autres organismes ou associations. Ainsi, le bilan de cette saison établi,
nous pourrons optimiser nos enseignements et notre méthode. De cette
manière, nous offrirons aux victimes d'accidents sur pistes les meilleures
prestations de secours possibles.
Arnaud Trinquier |

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